Comment lire le balisage et les panneaux ?
Le balisage peint du Club alpin italien (CAI) associe toujours le rouge et le blanc. Une simple marque blanc-rouge vous dit que vous êtes sur le bon sentier ; on la trouve près des bifurcations. Le drapeau rouge-blanc-rouge porte en plus le numéro du sentier, en noir sur la bande blanche.
Le drapeau est peint au départ, aux bifurcations et partout où il faut confirmer la direction : à un embranchement, cherchez-le avant de choisir.

Le panneau du CAI a la forme d’une flèche à pointe rouge, avec une queue rouge-blanc-rouge où s’inscrit le numéro du sentier. Les destinations sont écrites en noir, chacune suivie de son temps de marche aligné à droite. Il est posé au départ et à l’arrivée de l’itinéraire, aux croisements avec d’autres sentiers balisés et avec les routes.
En Haut-Adige, c’est l’Alpenverein Südtirol (AVS), le club alpin de la province, qui balise : un panneau à chaque départ et à chaque bifurcation, avec les destinations et le numéro du sentier, et en général le temps de marche.
Que veulent dire les numéros de sentier ?
Le numéro est celui du cadastre officiel des sentiers : c’est le même sur le panneau et sur le drapeau peint, et c’est lui qu’il faut noter en préparant votre sortie, plus que le nom des destinations.
Au Trentin, le numéro vous dit où vous êtes. La Società degli Alpinisti Tridentini (SAT), le club alpin du Trentin, numérote ses sentiers selon un plan approuvé par le CAI en 1933 : trois chiffres, le premier pour la zone, les deux autres pour le sentier. Côté Dolomites, cela donne :
- 500 à 599 : Cornacci, Latemar, Catinaccio et Sassolungo ;
- 600 à 699 : Sella, Marmolada, Colac, Buffaure et Monzoni Bocche ;
- 700 à 799 : Pale di San Martino, Cimonega et Vette Feltrine.
Cette logique vaut pour le Trentin : ne la transposez pas aux sentiers du Haut-Adige ou de la Vénétie. Pour préparer un itinéraire trentin, la carte des sentiers de la SAT ouvre la fiche de chaque numéro, avec sa difficulté, ses temps de parcours et son profil.
En Haut-Adige, les itinéraires principaux ne portent que des chiffres ; une variante ou une liaison peut y ajouter une lettre, A ou B. Quand plusieurs itinéraires partagent le même tronçon pendant plus d’un quart d’heure environ, un seul numéro y est utilisé : ne vous étonnez pas de suivre un autre numéro que le vôtre sur ce passage commun.
L’Alta Via n° 2, l’une des grandes traversées des Dolomites, est marquée du chiffre 2 dans un triangle, en plus du balisage rouge-blanc-rouge.
Que signifient les cotations T, E, EE et EEA ?
La lettre dit le terrain : T pour un chemin sans difficulté, E pour la plupart des sentiers de montagne, EE pour un terrain raide et parfois exposé, EEA pour la via ferrata. La vraie frontière est entre E et EE : si vous n’avez jamais marché longtemps sur un éboulis instable ou au-dessus du vide, restez en E le temps de vous faire la main.
La grille est celle de la classification des difficultés du CAI, adoptée le 20 novembre 2021 :
- T (touristique) : chemins carrossables, muletiers ou sentiers évidents, sans difficulté d’orientation, pentes modestes et dénivelés contenus. Il suffit des bases de la randonnée, d’une forme suffisante pour marcher et de chaussures adaptées.
- E (excursionniste) : la majorité des itinéraires, généralement balisés, parfois raides, avec de faciles passages rocheux où l’on pose les mains et parfois de la neige résiduelle sur terrain peu incliné. Il faut de l’expérience, le sens de l’orientation et de bonnes chaussures.
- EE (excursionnistes experts) : terrain raide, glissant ou instable (herbe, rochers, éboulis), tronçons exposés et passages rocheux faciles ou équipés, névés possibles, ni glacier ni via ferrata. Il faut un pas sûr, ne pas avoir le vertige et savoir décider.
- EEA (excursionnistes experts avec équipement) : la via ferrata, avec câbles, échelles et étriers ; baudrier, kit de via ferrata et casque certifiés. Elle se décline en cinq sous-niveaux, de F (facile) à ED (extrêmement difficile), en passant par PD, D et MD.
Pour la chaussure qui convient à chaque niveau, voyez notre guide des chaussures de randonnée dans les Dolomites ; pour les bons réflexes si une sortie EE tourne mal, notre article sur la sécurité en montagne donne le numéro à appeler et la conduite à tenir sous l’orage.
En Haut-Adige, les directives de l’AVS reprennent un principe adopté en 1997 par le Club Arc Alpin, qui fédère les clubs alpins des Alpes : pas de classement des sentiers par difficulté. Si un itinéraire du Haut-Adige n’a pas de cotation, jugez-le sur sa description, son dénivelé et son temps.
Comment sont calculés les temps sur les panneaux ?
Sur un panneau du CAI, le temps affiché ne comprend pas les pauses. C’est un temps de marche effectif : sur un parcours plat ou ondulé, il repose sur 3,5 à 4 km/h2,2 à 2,5 mph, et au-delà de la première demi-heure il est arrondi aux 10 minutes suivantes.
En Haut-Adige, l’AVS calcule sur une base de 4,2 km/h2,6 mph en terrain plat et facile, corrigée selon le dénivelé, et affiche les temps par tranches de 10 minutes. Sur le plat, cette base est un peu plus rapide que celle du CAI : à distance égale, le panneau du Haut-Adige affiche un peu moins de temps.
Ajoutez vos arrêts au temps affiché, surtout sur une traversée de plusieurs jours comme l’Alta Via 1. Si vous marchez nettement plus lentement que le panneau sur la première heure, gardez cet écart en tête pour toute la journée.
Pourquoi les noms changent-ils de langue ?
Parce qu’en Haut-Adige le bilinguisme de la toponymie est une obligation. Le Statut d’autonomie du Trentin-Haut-Adige (DPR n° 670 de 1972) l’impose dans la Province de Bolzano et garantit aux populations ladines le respect de leur toponymie : un même lieu peut donc porter plusieurs noms.
Les directives de l’AVS prévoient des panneaux en plusieurs langues ; quand la place manque sur la flèche, la destination est écrite dans la langue qui domine sur place et les autres noms passent sur une plaque complémentaire. Quand aucun dictionnaire officiel des noms de lieux n’existe, le CAI recommande de reprendre les noms de la cartographie officielle ou ceux que l’on emploie le plus localement : la carte et le panneau ne donnent donc pas forcément le même nom.
Notez les noms de vos destinations dans chaque langue avant de partir. Pour comprendre pourquoi l’italien, l’allemand et le ladin cohabitent dans les vallées, voyez notre présentation des Dolomites en Italie.
